En bref

L’enjeu

La très grande majorité des personnes âgées souhaite vieillir le plus longtemps possible chez elles et l’adaptation du cadre de vie est un des facteurs qui permet de rester autonome dans son logement. Plusieurs problématiques sont rencontrées par les seniors autonomes modestes :

  • Le risque d’isolement s’accentue avec l’âge.
  • Les ressources financières diminuent fortement au passage à la retraite.
  • Le logement est de moins en moins adapté aux besoins.
  • De nouveaux besoins liés au vieillissement apparaissent avec l’âge.

A ces constats s’ajoutent diverses questions.

  • A quel moment intervenir pour prévenir la dépendance avec une efficacité maximale, en respectant le libre-choix des personnes ?
  • Quelle réponse proposer pour prévenir la perte d’autonomie ?
  • Comment rendre cette réponse accessible aux personnes modestes, tout en limitant le recours aux subventions publiques ?

La démarche proposée

Projet : un modèle d’animation sociale à l’échelle d’un quartier visant à lutter contre la dépendance et l’isolement des seniors dans leur logement, impliquant une diversité d’acteurs via un modèle économique pérenne.

Cible : seniors autonomes mais fragiles, isolés, aux revenus modestes (800-1000€/mois).

4 principes :

  1. Un projet inclusif à l’échelle du quartier associant bâtiment central existants et des logements en diffus
  2. Un modèle économique basé sur un financement de l’accompagnement multi-acteurs.
  3. Un accompagnement à l’adaptation de l’habitat aux fragilités des seniors.
  4. Une animation locale et dynamique pour favoriser le lien social et améliorer la prévention de la perte d’autonomie

Les partenaires du programme

En savoir plus

En 2060, les personnes âgées de plus de 60 ans représenteront un tiers de la population française et la part des personnes âgées de plus de 75 ans aura doublé (passant de 8,5% en 2007 à 16% en 2060)[1]. La majorité de ces futurs seniors ne devrait pas être dépendante : actuellement, seuls 12% des Français de plus de 75 ans sont jugés dépendants[2] et cette proportion devrait rester stable[3]. Le vieillissement s’accompagne toutefois d’un accroissement des fragilités (40% des personnes de plus de 65 ans[4]) et des maladies chroniques (70% des personnes de plus de 65 ans[5]), qui augmentent le risque de perte d’autonomie. Ce risque est particulièrement marqué pour les personnes à revenus modestes (isolement, problèmes de santé, risque de dépendance précoce[6]…).

La très grande majorité des personnes âgées souhaite vieillir le plus longtemps possible chez elle[7] et l’adaptation du cadre de vie est un des facteurs qui permet de rester autonome dans son logement. Plusieurs problématiques sont rencontrées par les seniors autonomes modestes.

  • Le risque d’isolement s’accentue avec l’âge. Chez les plus de 75 ans, tous les réseaux de sociabilité s’affaiblissent qu’ils soient amicaux, familiaux, de voisinage, affinitaires. 30%[8] d’entre eux souffrent d’isolement, situation qui fragilise et accroît significativement la dépendance[9].

La localisation du logement situé loin des commerces, des services publics ou établissements de santé peut constituer un handicap pour les personnes en perte d’autonomie.

  • Au passage à la retraite, les ressources financières diminuent Une diminution de 25% jusqu’à 50%[10] du revenu peut être observée. Cela peut contraindre un ménage à déménager.
  • Le logement est de moins en moins adapté aux besoins. Il peut s’avérer surdimensionné suite au départ des enfants ou inadapté aux fragilités qui apparaissent. Bien que l’adaptation du logement soit globalement subventionnée, les démarches restent complexes et les produits peuvent présenter un aspect stigmatisant.
  • De nouveaux besoins liés au vieillissement apparaissent avec l’âge. Les seniors ne sont pas toujours conscients de leurs fragilités et les nient parfois. La perte d’autonomie apparaît rapidement après une rupture (hospitalisation, chute, décès du conjoint…). Afin de prévenir cette situation, un accompagnement à domicile est nécessaire d’autant plus que les besoins d’aide à domicile sont coûteux et difficiles à accepter.

A ces constats s’ajoutent plusieurs questions.

  • A quel moment intervenir pour prévenir la dépendance avec une efficacité maximale, en respectant le libre-choix des personnes ? L’identification des signes de fragilité en amont permettrait de proposer une réponse adaptée et de prévenir les dépenses importantes que la perte d’autonomie induit pour les individus et la collectivité.
  • Quelle réponse proposer pour prévenir la perte d’autonomie ? Le vieillissement de chacun induit des besoins variés, qui appellent des réponses différentes : aménagement du logement, équipements, aides à la vie quotidienne, relations humaines… Cette singularité doit être articulée à la recherche d’une réponse adaptée aux besoins du plus grand nombre, avec un modèle économique équilibré.

Comment rendre cette réponse accessible aux personnes modestes, tout en limitant le recours aux subventions publiques ? Dans le prolongement des précédents travaux de l’Action Tank[11], l’enjeu du vieillissement a ici été abordé dans le cadre du logement social[12], jugé favorable à une réponse abordable.

[1] INSEE, projections de population à l’horizon 2060 (Insee Première, octobre 2010). [2] Au sens de la grille AGGIR, qui évalue la capacité d’une personne à assurer seule les activités de la vie quotidienne et classe les situations de l’autonomie (GIR 6) à la dépendance forte (GIR 1). Cette grille détermine l’accès à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), qui vise à aider les personnes âgées de plus de 60 ans à financer les dépenses liées à la perte d’autonomie. [3] Selon le CREDOC, l’augmentation de la population âgée devrait provenir principalement d’un gain d’espérance de vie en bonne santé, avec un recul des formes de dépendance lourde (« La fragilité des personnes âgées : perceptions et mesures », 2008). [4] Selon L. Fried, une personne est fragile si elle présente trois des cinq caractéristiques suivantes : perte de poids involontaire, diminution de la vitesse de marche, sentiment d’épuisement exprimé, diminution de la force musculaire, grande sédentarité. [5] INSEE, Enquête nationale santé (2002-2003). [6] Fondation de France, « Les solitudes en France » (2014) ; IGAS, « Les inégalités sociales de santé » (mai 2011) ; INSEE, « Regards sur la fragilité sociale des personnes âgées du Nord d’aujourd’hui et de demain » (2014). [7] 80% des personnes âgées en perte d’autonomie souhaitent vieillir le plus longtemps possible chez elles (DREES, « Dépendance des personnes âgées et handicap : les opinions des Français entre 2000 et 2005 », Etudes et résultats n° 491, 2006). [8] « Les solitudes en France », Fondation de France (juillet 2014). [9] Nathalie Lancelle, sociologue spécialisée en gérontologie, dénonce la stigmatisation des personnes âgées dans notre société : la personne âgée a besoin d’être regardée, d’être touchée, d’être aimée… Sinon, des pathologies se développent. Ouest France (22 mars 2010). [10] Etude HSBC « L’avenir des retraites » (2013). [11] Etude sur le coût global du logement social (2012) et travaux d’approfondissement (2014). [12] Les personnes âgées de plus de 65 ans représentent 1,1 million de locataires dans le logement social et 7% des nouveaux entrants.

L’Action Tank a souhaité étudier quelles solutions d’habitat proposer à des personnes âgées autonomes mais fragiles, à revenus modestes (800-1000€), afin de contribuer à prévenir la perte de leur autonomie, à un coût abordable pour elles et pour la collectivité.

Un groupe de travail a été constitué réunissant tous les acteurs potentiellement impliqués (ergothérapeutes, entreprises de construction, bailleurs sociaux et gestionnaires de logements adaptés, sociologues, prestataires de services et de soins). Ce groupe visait à confronter l’expertise des participants, pour co-concevoir une offre adaptée au public ciblé, combinant logement et services pour prévenir la perte d’autonomie.

Proposition : un modèle d’animation sociale à l’échelle d’un quartier visant à lutter contre la dépendance et l’isolement des seniors dans leur logement, impliquant une diversité d’acteurs via un modèle économique pérenne.

Cible : seniors autonomes mais fragiles, isolés, aux revenus modestes (800-1000€/mois).

4 principes :

  1. Un projet inclusif à l’échelle du quartier associant bâtiment central existant et des logements en diffus
  2. Un modèle économique basé sur un financement de l’accompagnement multi-acteurs.
  3. Un accompagnement à l’adaptation de l’habitat aux fragilités des seniors.
  4. Une animation locale et dynamique pour favoriser le lien social et améliorer la prévention de la perte d’autonomie

L’Action Tank souhaite expérimenter ce modèle avec des bailleurs sociaux ou des collectivités locales souhaitant apporter une réponse aux besoins de logement de leurs habitants âgés.

Les objectifs sont les suivants :

  • Répondre aux besoins d’un plus grand nombre de seniors du quartier, dans leur logement, à partir d’un bâtiment central.
  • Susciter une dynamique de quartier répondant aux enjeux du vieillissement.
  • Fonder l’animation sur un animateur professionnel.
  • S’appuyer sur les acteurs locaux existants.
  • Coordonner les intervenants par le biais du logement.
  • Assurer une veille auprès des seniors en mobilisant voisins et partenaires.